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jeudi, 31 mai 2007

Albert Emon, «le cœur à fond pour ce club et cette équipe»

invité d’OMtv lors d’une émission spéciale tournée à Marrakech, l’entraîneur olympien revient sur une saison «forte en émotions» et indique comment il aborde l’année prochaine. «Il faudra gommer le manque de maturité qu’on a eu par moment et à partir de là on sera encore meilleur» dit-il.

On a l’impression que, même dans les moments difficiles, vous n’avez jamais douté de votre groupe ou de vous-même. Est-ce que c’était une façade ou est-ce que vous avez toujours eu confiance en cette équipe ?
Heureusement que l’on est bien entouré. Les joueurs, chaque fois qu’il y avait un semblant de laisser aller, venaient aux entraînements avec de la joie et du plaisir. Cela me redonnait du courage. On n’a jamais failli complètement, on a toujours su redresser la tête quand il le fallait.

L’OM a toujours cru en son potentiel…
Dans l’année on a toujours été proche de la deuxième ou de la troisième place. Puis on retombait un petit peu. Mais on a toujours pensé que l’on avait le potentiel, le jeu et les joueurs pour ça et qu’à un moment donné cela allait payer. On n’a pas toujours eu de la chance, mais on a cru en notre potentiel, dans le jeu individuel et collectif. Après, il y a eu ce malheureux match pour la coupe de France, qui a été dramatique pour les Marseillais, parce que cela aurait amené un trophée à l’OM. Je pense que cette deuxième place est tellement importante pour le club et pour la suite des évènements que l’on va essayer d’oublier cette déception et penser que ce  championnat reste une bonne saison.

Le match à Lyon a-t-il été le plus pénible ? La presse annonçait votre départ en cas de mauvais résultat...
Quand je vois tout ce qui se passe en cette fin de saison, où de nombreux entraîneurs veulent changer de club, je trouve que cela permet aux présidents de penser qu’un entraîneur n’est pas important puisque eux-mêmes se déchargent de leurs possibilités de rester dans un club où ils sont bien, en fonction des ambitions. Cela donne un pouvoir aux dirigeants pour changer d’entraîneurs quand ils veulent. Le grand mérite de Pape (Diouf) et José (Anigo), c’est d’avoir fait confiance à des gens qui ont travaillé pour le club. On leur a rendu cette confiance avec cette deuxième place.

Comment expliquez-vous le fait que l’OM ait réussi à gagner contre les « grosses écuries » à l’extérieur cette saison, notamment au Parc des Princes face au PSG (1-3) ?
L’équipe avait une année de plus, par rapport à la saison passée où cela nous faisait défaut. Je pense qu’on a pris des options pour gagner tout le temps. On n’a pas toujours réussi ce que l’on voulait faire à l’extérieur. Mais on l’a fait à domicile, grâce au public notamment.

Marseille termine meilleure équipe de Ligue 1 à domicile. Est-ce la clef de la réussite de l’OM cette saison ?
On se doit, vis-à-vis de notre public, d’être performant à domicile. Même si on est malmené, on doit se révolter pour renverser la vapeur. On a toujours eu le même jeu que ce soit à l’extérieur ou à domicile, même si c’était plus facile de matérialiser nos ambitions au Vélodrome. On s’est toujours crée pas mal d’occasions et on a marqué beaucoup de buts. A l’extérieur, on aurait pu mieux faire.

Les supporters m’ont donné un peu de baume au cœur en me disant « ce n’est pas grave, la Ligue des Champions est là, on efface pas mal de choses »

Comment avez-vous vécu ce match à St Etienne ? Y a-t-il eu une émotion particulière ?
Oui, certainement. Pour nous, on pensait qu’un point c’était bien car il nous restait un match à domicile. Les trois points c’était mieux car on pensait qu’une des deux équipes pouvait faire un faux pas. Finalement, on est allé chercher cette victoire avec beaucoup de volonté et de qualité dans le jeu. Ce qu’on ressent sur le banc, c’est ce qu’on ressent toute l’année. Durant toute la saison, le cœur a été à fond pour ce club et cette équipe.

 

 

A la fin de la rencontre à Geoffroy Guichard, qu’est-ce que vous avez ressenti lorsque vous avez été acclamé par les supporters ?
Beaucoup d’émotions, par rapport à cette finale perdue, où j’assume toutes mes responsabilités sur ce match-là. On ne peut pas dire qu’ils vont l’oublier de suite, mais ils m’ont donné un peu de baume au cœur en me disant « ce n’est pas grave, la Ligue des Champions est là, on efface pas mal de choses ».

Qu’a apporté l’arrivée de Djibril Cissé ?
Djbril a apporté sa personnalité. Julien (Rodriguez) a apporté aussi, au niveau d’une certaine sérénité défensive. Tout le monde a eu, à un moment donné, un mot pour permettre aux autres de ne pas baisser la tête. La gestion des joueurs a été bonne. Quand Djibril a connu des moments difficiles, il fallait le relancer, le remettre sur le devant de la scène car c’est un joueur talentueux. Quand on l’a sorti pour qu’il récupère un peu, je pense qu’il l’a très bien compris.

Je souhaite qu'il y ait toujours ce professionnalisme qui fait que moi j’avance avec eux et qu’eux avancent avec moi

Quel est votre avis sur les deux premières recrues de l’OM, Vincent Gragnic et Jacques Faty ?
Il faut un effectif important pour l’OM. L’année prochaine, il y aura des compétitions encore plus importantes que cette année. Il faut minimum deux joueurs à chaque poste. Ce sera difficile pour certains, car il y en a qui ne joueront pas, mais cela fait partie de leur métier. Il faut des joueurs qui connaissent le football français car ce serait dommage qu’il y ait un temps d’adaptation. Les joueurs qui évoluent en France sont conscients de la difficulté de notre championnat.

Les supporters de l’OM espèrent déjà titiller Lyon la saison prochaine. Que pouvez-vous leur dire là-dessus ?
On peut toujours imaginer faire mieux que ce qu’on a fait cette année. Mais on ne peut pas le prévoir. Il faudra gommer le manque de maturité qu’on a eu par moment et à partir de là on sera encore meilleur. Mais peut être que Lyon le sera aussi.

Est-ce que l’OM gardera cet esprit offensif la saison prochaine, que ce soit en championnat ou en Ligue des Champions ?
On est obligé. Pour être en tête, il faut marquer beaucoup de buts et en prendre peu. C’est cet équilibre là qu’il faut trouver.

Que pouvons-nous vous souhaiter pour l’année prochaine ?
Le football est un métier extraordinaire. Cette année a été une saison forte en émotion et la seule chose que je souhaite c’est qu’il y ait toujours cette entente cordiale avec les joueurs. Pas de l’amitié, ni de la camaraderie, mais du professionnalisme qui fait que moi j’avance avec eux et qu’eux avancent avec moi.

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