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lundi, 28 mai 2007

Le Président fait le bilan 2006-07

Invité d’une émission spéciale sur OMtv, le président de l’Olympique de Marseille, Pape Diouf, fait le bilan de cette saison qui vient de se terminer et lance les grandes lignes de la suivante.

LE BILAN


Marseille termine deuxième du championnat. Quel est votre sentiment sur la place de l’OM ?
J’éprouve beaucoup de soulagement et de satisfaction dans la mesure où, en début de saison, l’objectif fixé était effectivement la qualification directe en Ligue des Champions. Nous y sommes arrivés même si c’est au terme d’une saison qui a connu des hauts et des bas. C’est un résultat en conformité avec son ambition.

L’OM a connu deux baisses de régime au cours de l’année. Comment les expliquez-vous ?
J’ai essayé de comprendre même s’il est très compliqué de disséquer l’alchimie qu’est le football. Il est difficile de comprendre pourquoi, à un moment donné, tout marche et pourquoi, à un autre moment donné, cela marche moins bien avec le même entraîneur, les mêmes joueurs dans le même dispositif. En analysant notre parcours, j’en suis arrivé à dire que c’est dans la constance que nous avons manqué d’atouts. Nous n’avons pas été constants. L’équipe, à certains moments, était dans sa plénitude et à d’autres moments, elle était complètement arrêtée. Dans ces moments, elle a produit des prestations indignes de l’OM.
D’où peut venir ce manque de constance ? Selon mon analyse, cela est du à l’inexpérience de l’équipe. Elle est très jeune. Ce sont presque des gamins qui composent la défense, au milieu également. Cette jeunesse et ce manque d’expérience sont un point sur lequel nous avons mis le doigt et qui doit nous aider  dans l’idée que nous avons d’améliorer cette formation en sachant que tous ces jeunes auront gagné une saison l’année prochaine.

Désormais, on attend que Samir ait cette constance sur toute une saison. L’occasion lui en sera donnée l’année prochaine

 

Etes-vous surpris par l’éclosion de Samir Nasri ?
Il ne faut pas considérer en partie la saison. Samir Nasri a connu à l’image de l’équipe une première partie de saison assez contrastée. La tournée à Dubaï a marqué le vrai départ de Samir Nasri. C’est au cours de cette tournée qu'il a pris conscience de ses possibilités. Dès cette date, on a vu un Nasri plus constant et décisif, ce qu’il n’était pas encore auparavant. Avant on voyait très nettement les qualités qui étaient les siennes mais il avait du mal à assurer les dernières passes ou à marquer des buts. Samir Nasri incarne notre deuxième partie de saison mais au début, comme tout le monde, il a connu des hauts et des bas. Il n’a été constant qu’en seconde partie de saison. Désormais, on attend qu’il ait cette constance sur toute une saison. L’occasion lui en sera donnée l’année prochaine.

Certains affirment que le déclic s’est produit à Lyon où l’OM a fait match nul lors de la 28e journée ?
Effectivement ce soir-là, on a obtenu un résultat significatif et important. Il a pu être considéré comme un déclic. J’entendais avant ce match des commentaires dire qu’à Lyon, l’OM n’a pas grand-chose à perdre. Je m’étais opposé à cela en affirmant que justement nous avions beaucoup à perdre en cas de défaite à Gerland. Nous avons réussi à avoir un sursaut salutaire car il faut se souvenir que Lyon menait au score. C’était aussi une manière de tordre le cou à une manie préjudiciable qui était de perdre notamment à l’extérieur, à chaque fois que nous avions pris un but. Cette rencontre a permis aux uns et aux autres de prendre conscience des potentiels de l’équipe mais aussi individuels. Oui, c’est une date importante dans notre course à la Ligue des Champions.

Aujourd’hui, le Djibril que nous voyons est exactement le Djibril que nous étions allés chercher en début de saison

 

Avez-vous douté, au cours de la saison, sur votre choix de faire venir Djibril Cissé ?
Je ne pouvais pas douter car Djibril Cissé n’était pas un inconnu aux yeux du public. Lorsque nous sommes allées le chercher, c’était sous les encouragements très vifs des supporters marseillais. Malheureusement, il s’est blessé à un moment où on ne s’y attendait pas puisque je me souviens que le jour de sa blessure, j’étais à Liverpool et je venais de terminer des discussions avec les dirigeants. J’ai préféré tenir nos engagements vis-à-vis du joueur répondant à sa correction puisque pendant les discussions avant sa blessure, un club comme Lyon s’était adressé à lui. Il avait très clairement répondu que c’était Marseille ou rien. Il faut méconnaître le football pour penser qu’après six mois d’immobilisation, Djibril Cissé allait subitement redevenir lui-même. Il était cliniquement guéri, il a commencé avec l’OM de manière tonitruante mais j’expliquerai cela plus par l’envie et l’aspect psychologique que par quelque chose de cohérent ou rationnel. Il a vécu un moment où il avait besoin de retrouver le rythme. C’est là qu’il a connu des difficultés. Le public a été très sévère avec lui. Il a fait preuve d’abnégation pour revenir. Son retour en forme est naturel et il ne pouvait pas intervenir avant. Six mois d’immobilisation suppose autant de temps pour retrouver tous ces reflexes. Aujourd’hui, le Djibril que nous voyons est exactement le Djibril que nous étions allés chercher en début de saison.

Durant le match à Saint-Etienne, vous étiez en compagnie de Robert Louis-Dreyfus, l’actionnaire principal de l’OM. Comment avez-vous vécu ce match décisif ?
Il fallait du courage pour l’actionnaire pour venir à Saint-Etienne, une semaine après la finale de Coupe de France. On a vécu cette rencontre avec beaucoup de détermination et de conviction. Avant un match, surtout à l’extérieur, on a toujours une certaine dose de stress et de pression. Mais, j’avais en moi de la confiance, j’avais ressenti quelque chose d’assez irrationnel. Je ne nous voyais pas sortir de Geoffroy-Guichard avec la défaite et je misais également sur une double contre-performance de Bordeaux et Lens. C’est ce qui s’est passé. Ce match a été le couronnement de notre saison et je l’avais bien senti.

LE MERCATO


Qu’en est-il de l’avenir de Djibril Cissé à l’OM ?
Je pense, en dépit du creux que Djibril Cissé a connu, que beaucoup de gens seraient heureux qu’il reste avec nous et je pense qu’il serait heureux de rester avec nous. Il a souhaité venir ici et nulle part ailleurs. Je pense deviner en lui qu’il continuerait avec nous si les conditions étaient réunies. Nous ne pouvons pas encore donner de réponse car nous avions une saison à terminer. Liverpool avait une finale de Ligue des Champions à jouer. A partir de ces deux échéances, nous avons souhaité ne pas entamer des discussions qui n’auraient pas pu aboutir avant le terme de ces échéances. Nous y sommes arrivés. Plus rien, aujourd’hui, ne s’oppose à l’engagement des discussions avec Liverpool. Mais il est nécessaire, avant, de parler avec le joueur. C’est ce que l’on devrait faire dans les prochaines heures.
On essaiera de prendre, aux postes où nous souhaitons amener de la qualité, des garçons qui pourraient ne pas nous faire défaut pendant la période de la CAN. Pour cela, il faudra manœuvrer serré

 

Et concernant Franck Ribéry ?
Il faut apporter quelques précisions à ce sujet. La saison dernière, de manière ferme, j’avais dit que Franck Ribéry ne partirait pas. Pour cette saison, j’ai simplement dit qu’il avait, ce que l’on appelle, un bon de sortie, c’est-à-dire la possibilité pour lui de partir. Mais cela ne signifie pas qu’il va partir. Pour que Franck Ribéry puisse partir, il faut trois conditions : qu’un club veuille l’enrôler, que Franck veuille aller dans le club en question et que le club et l’OM trouvent un terrain d’entente. On est loin actuellement de ces conditions. Anticiper sur le départ de Franck Ribéry est imprudent. La qualification en Ligue des Champions na pas été assurée pour faciliter l’idée de garder Franck Ribéry. C’est un garçon de grand talent qui a apporté sa patte dans l’édification de cette qualification mais il n’est pas le seul, il y avait d’autres joueurs à côté de lui.

En janvier 2008, se déroula la Coupe d’Afrique des Nations. Sera-ce un frein au recrutement de joueurs africains à l’OM ?
Gouverner c’est prévoir. L’an passé, si notre saison a connu cette fin douloureuse, c’était probablement à cause de l’absence conjuguée de certains de nos joueurs qui avaient disputé la CAN. Donc on essaiera de tenir compte de cet élément dans notre recrutement. On essaiera de prendre, aux postes où nous souhaitons amener de la qualité, des garçons qui pourraient ne pas nous faire défaut pendant la période de la CAN. Pour cela, il faudra manœuvrer serré.

Toujours à propos du mercato, quels postes allez-vous renforcer ?
On ne peut pas le dire. Au sortir de discussions avec José Anigo et Albert Emon, nous déterminerons nos besoins les plus pressants, là où nous devons apporter un plus à l’équipe. Nous garderons l’ossature dans ses grandes largeurs, nous allons jouer la stabilité. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas donner à cette formation un surcroit de qualité. Nous avons quelques idées mais on doit les formaliser pour orienter notre recrutement.

La politique de l’OM n’est pas déterminée par les autres

 

LES OBJECTIFS EN 2007-2008


Quels seront les objectifs de l’OM en championnat la saison prochaine ?
Beaucoup de personnes affirment dans la presse ou à la radio, que l’OM devra présenter une équipe compétitive en Ligue des Champions. Or, la politique de l’OM n’est pas déterminée par les autres. Nous avons décidé, depuis plusieurs années, de mettre en place une politique de continuité que nous entendons mener à son terme. La Ligue des Champions est une étape importante qui nous donne les moyens de pouvoir poursuivre notre politique de stabilité. C’est cette politique qui nous permettra d’installer durablement l’OM dans la partie haute de la hiérarchie du football français et de qualifier le club au moins deux saisons sur trois en Ligue des Champions. Alors oui, l’an prochain, notre objectif sera donc de se qualifier à nouveau pour la Ligue des Champions.
Mais sous prétexte que nous sommes en C1, il ne faut pas compter sur nous pour oublier les règles de bonne gestion que nous nous sommes fixées en recrutant à tout-va et bouleverser nos structures mises en place depuis deux ans.

Quel sera l’objectif de l’OM en Ligue des Champions l’an prochain ?
Si on me demande mon souhait, c’est évidemment, comme pour tous les Marseillais, d’emporter le trophée. Et si l’OM peut gagner cette compétition la saison prochaine, il ne s’en privera pas. Mais il est encore bien trop tôt pour se prononcer en disant aujourd’hui que l’objectif est de sortir de la poule, se qualifier en 8e ou en quart de finale. Nous ne connaissons pas le tirage au sort, il faudra voir les adversaires que nous allons rencontrer. Laissons-nous un peu de temps et nous aurons l’occasion d’en reparler.


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