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lundi, 02 avril 2007

L’état des lieux d’Albert Emon avant le sprint final

Au lendemain de la défaite olympienne à Lorient, l’entraîneur marseillais établit un constat d’ensemble de son équipe. «Nous sommes presque obligés de gagner les huit derniers matches» prévient-il.

Le jeu

Hier j’ai souffert, au niveau de la défaite, mais plus particulièrement au niveau du jeu. J’ai vu onze marseillais sans sourire, sans joie, sans plaisir, sans rien sur le terrain. Le football ce n’est pas ça. On peut perdre comme à Bordeaux où on perd mais en jouant. On donne à l’adversaire, mais on se créé des choses. Etre joueur ou entraîneur, c’est du plaisir que l’on vit. Hier ce n’était pas du plaisir, mais de la frustration totale. Mais il est possible aussi que notre équipe ne fasse peur à personne. Ca c’est une évidence. A partir du moment où une formation comme la nôtre ne fait pas peur, tout le monde pense qu’il peut gagner contre nous, et c’est vrai. On aurait pu faire quelque chose si l’équipe en face avait lâché et si nous avions eu un bon moment en première mi-temps. Mais nous n’en avons pas eu. On n’a jamais eu de périodes de 5 voire 7 minutes, avec des corners à répétition, des frappes. On a simplement eu 2 ou 3 possibilités, mais ce n’est pas suffisant. Pas suffisant pour inquiéter cette équipe, pour la faire douter. Et donc c’est nous qui doutions plus que Lorient.

La tactique

Cette saison, au niveau des compositions d’équipe à l’extérieur, nous avons presque tout essayé. De temps en temps ça a marché, d’autres non. Par exemple on va à Toulouse avec, je le pensais, une équipe bien équilibrée. Finalement on prend 3 buts et nous ne tirons pas une fois. En coupe de la Ligue contre Saint Etienne, avec 3 attaquants et 3 milieux à vocation défensive, on pensait que l’équipe était en sécurité derrière : on prend 4 buts. Et à Bordeaux, on joue avec 6 attaquants, mais nous n’avons pas gagné quand même. Donc cela bascule toujours du mauvais côté. Moi je me reproche toujours tout dans les défaites. Je dis que les victoires appartiennent aux joueurs et que les défaites appartiennent à l’entraîneur. Les joueurs ont une carrière   faire. Moi je mets en place une composition d’équipe, il est possible que je me sois trompé hier soir. A partir de là peut-être que l’équilibre n’était pas parfait. Lorsque je parle d’équilibre je veux parler de l’équilibre dans le jeu, au niveau des passes et du fil conducteur. J’ai vu des joueurs très en dessous de leurs moyens hier, donc le fil conducteur ne peut pas fonctionner. On fait donc des changements, on essaie de modifier la composition, mais ce n’est pas suffisant.

La fatigue

Les matches internationaux n’ont pas joué dans la récupération. A un moment donné il ne faut plus parler comme ça. Regardez par exemple Lorik (Cana). Il peut être le joueur le plus fatigué de tous, parce qu’il a joué très tard en Bulgarie, parce qu’il a eu des avions qui n’ont pas pu lui permettre de faire un décrassage, ni de se faire soigner car il avait mal au pied. Depuis mercredi soir il n’a plus couru, il a marché hier matin, et on voit simplement l’état d’esprit qu’il a. Que l’on fasse des erreurs, ou que la concentration technique ne soit pas assez importante, je suis d’accord. Mais il faut arrêter de mettre les excuses sur le dos de la fatigue, ou sur ci ou sur ça. C’est peut être un manque de rythme pour certains. César a joué deux matches et s’est entraîné avec son équipe nationale. Je suis allé en Slovénie pour voir justement où il en était au niveau physique et mental. Il était très bien. Peut être qu’il était certainement fatigué hier soir, il n’a pas évolué à son niveau. Renato (Civelli) était très nerveux. On ne va pas chercher midi à quatorze heures. Nous n’avons simplement pas été bons du tout.

La combativité

Les joueurs, je ne les attaque pas. Parce que ce sont eux qui vont jouer dimanche, ce sont eux qui vont jouer la demi-finale de la coupe de France, ce n’est pas moi. Vous pouvez me taper dessus, je peux encaisser, mais on ne touche pas aux joueurs. Ils sont passés à travers hier, je le reconnais. Peut-être que nous sommes tous passés à travers. Donc, on laisse les joueurs tranquilles. Ils ont encore un mois et demi de championnat à faire. Nous avons déjà fait 42 matches, des bons et des mauvais. On sait aussi que l’on est une équipe très irrégulière au niveau des résultats. Nous en sommes persuadés maintenant. A nous, le staff, de trouver la bonne formule pour les 8 dernières rencontres et les matches de coupe. Les joueurs savent ce que je pense, je leur ai dit. Mais cela reste entre nous.

L’absence de certains joueurs cadres

C’est vrai qu’il nous manquait Habib Beye et Jérôme Rodriguez, mais surtout Franck Ribery. Il nous manque beaucoup en ce moment, on ne le souligne pas assez, mais c’est très important. Ce n’est pas que j’enlève de la qualité aux autres, ni leur aspect joueur. On sait qu’un effectif c’est très important, et c’est vrai que défensivement actuellement, nous connaissons certaines difficultés. Nous avons gagné avec Renato Civelli. Nous avons gagné avec Bostjan Cesar. Et nous avons aussi gagné des matches avec les deux.

Le mental

Sur un match comme celui là, ce n’est qu’un problème mental. Car certes on peut penser que c’est une rencontre très difficile à disputer. C’est une équipe de valeur, elle a battu des formations à l’extérieur, elle a fait de bons résultats à domicile. C’est une équipe qui se cherchait aussi car elle n’avait pas marqué depuis 6 matches. Et on est rentré dans ce match en leur donnant la possibilité d’avoir une occasion au bout de 10 secondes de jeu. Avec toutes les possibilités que l’on a mises avant la rencontre de dire : «attention dès le coup de sifflet de l’arbitre, on essaie d’être agressif sur le porteur du ballon, de mettre la balle dans leur moitié de terrain, on essaie de ne pas les laisser communiquer entre eux, etc…», on s’est aperçu qu’au bout de 10 secondes on a eu une action contre nous. Cela ne détermine pas le match, mais cela signifie beaucoup de choses. Cela veut dire que d’entrée de jeu, nous n’avons pas été mentalement prêts pour subir un match de ce niveau là. On ne s’est pas procuré une action valable en première mi-temps. Nous n’avons pas débordé une seule fois. Donc on ne peut pas prétendre à beaucoup de choses.

Les 20 dernières minutes

Le déclic des 20 dernières minutes à été le score : 2-0 pour l’équipe adverse. Elle recule, elle nous a laissé les trois quarts du terrain. Ils étaient 8 ou 9 dans leurs 18 mètres. Cela nous a donné la possibilité de tourner autour, d’avoir des centres. Autrement cela aurait été plus difficile. On y a cru car nous avons eu des possibilités. Mais là encore il manquait cette agressivité, de pouvoir mettre la tête quand il faut. Lorsque je vois celle de Saïfi à la télé on sent que c’est un joueur hargneux qui veut la mettre au fond des filets.

La fin de saison

On va essayer de gagner les 8 derniers matches. Nous sommes presque obligés. On ne peut plus calculer et il n’y a plus rien à faire si ce n’est de gagner des matches. C’est rageant de le dire, mais ça l’est depuis un certain temps. Quand on voit, par exemple, que l’on perd six points contre Lorient, quatre points contre Lens qui est largement devant nous, que l’on perd à Bordeaux avec les occasions que l’on a, que l’on perd au Mans avec un but refusé, c’est parce que nous ne sommes pas assez compétiteurs et compétitifs. Nous ne sommes pas assez méritants pour avoir 65 points actuellement. Il faut fournir plus. C’est une vérité.

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