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mercredi, 21 février 2007

Vastes zones d’ombre sur la vente de l’OM

La provenance des fonds de Jack Kachkar donnerait lieu à des investigations approfondies de la part des autorités de contrôle de flux financiers. Ce qui pourrait remettre en cause le processus de cession du club marseillais.

medium_1303.4.jpgUN CLASSIQUE sur le marché du Vieux-Port. Emballez, c’est pesé… La vente de l’OM semblait ainsi parfaitement ficelée. Pourtant, l’affaire semble aujourd’hui avoir du plomb dans l’aile.
Selon nos sources, une enquête sur la provenance des fonds que Jack Kachkar apporterait pour racheter l’OM à Robert Louis-Dreyfus aurait mis en évidence des zones d’ombre inquiétantes. Un contour pour le moins flou.Le parcours rocambolesque de l’homme d’affaires canadien d’origine arménienne a suscité, dès l’annonce de son projet de rachat, de nombreuses questions. Né à Damas, Kachkar obtient un diplôme de médecine à Budapest en 1992. C’est dans la capitale hongroise qu’il épouse Viktoria Berkovich, une riche russe aussi inconnue que lui.
Avec les subsides de sa femme, le mystérieux « M. K », multipliant les placements et les investissements, se serait construit une fortune évaluée à 386 M€. Entre une société pharmaceutique cotée au Nasdaq, Inyx, des mines de matières premières et des sociétés immobilières, la nature de ses actifs interpelle tout autant qu’ un curriculum vitae qui l’a conduit de Syrie à Miami, en passant par le Liban et Toronto.
Les investigations diligentées actuellement par les autorités publiques compétentes, notamment une cellule de renseignements financiers au cœur du dispositif français de lutte contre le blanchiment d’argent, alimenteraient les suspicions. De là à nourrir le spectre d’une intrusion de capitaux « sales » dans le football…Louis-Dreyfus prévenu
Selon nos sources, la Ligue professionnelle de football (LFP) et son président, Frédéric Thiriez, au-raient eu vent des soupçons planant sur les conditions de la reprise du club phocéen. Des contacts avec Robert Louis-Dreyfus auraient également été établis dans la foulée afin d’éviter de laisser le club marseillais à des mains mal intentionnées. Si les soupçons venaient à se préciser, une telle transaction aurait en effet des conséquences désastreuses pour l’image du football français, tant la surface médiatique de l’OM contribue à valoriser le championnat de Ligue 1.
Joint hier au téléphone, Frédéric Thiriez n’a pas souhaité commenter cette affaire.Le président de la LFP a cependant rappelé avec fermeté que « la Ligue fait son travail, tout son travail, rien que son travail, en relation avec les pouvoirs publics ». Une façon de mettre en lumière la mission de vérification assignée à la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). Ainsi en juillet 2002, la DNCG s’était alarmée lorsqu’un quatuor de sulfureux repreneurs marseillais (Jean-Christophe Cano, Robert Cassone, Michel Toroella et François Mouret) avait tenté de prendre le contrôle de l’OGC Nice. Une enquête préliminaire sur les conditions de rachat de Nice fut ensuite ouverte par le procureur de la République de Nice, Eric de Mont­golfier, des liens supposés que les quatre « mousquetaires » entretenaient avec le milieu du grand banditisme sur la Côte d’Azur.
Sans présumer d’une quelconque relation entre Jack Kachkar et la criminalité organisée, les interrogations autour de sa fortune laissent perplexe. Pourquoi cet homme d’affaires sorti de nulle part veut-il s’offrir l’OM ? L’argument de la passion suffit-il à tout expliquer ?
Pour sa première apparition au Stade Vélodrome à l’occasion de la victoire en Coupe de France de l’OM sur Lyon, le candidat repreneur avait ainsi fait un grand numéro d’acteur. Une entreprise de séduction avec marche triomphale sur la pelouse, sous les vivats du public phocéen, et danse endiablé avec les joueurs dans la moiteur d’un vestiaire euphorique. Un peu trop peut-être, tant cette posture de Candide au Pays des merveilles collait mal avec la figure du businessman nord-américain.Une mauvaise nouvelle pour « RLD ». Après dix ans d’amours contrariées et 200 M€ de pertes, Robert Louis-Dreyfus n’attendait plus que la finalisation de la cession de l’Olympique de Marseille, contre 115 M€, pour mettre les voiles. Son départ, qui paraissait inéluctable après que Kachkar eut apporté le 16 janvier dernier les garanties bancaires demandées pour l’opération, pourrait maintenant être ajourné.

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