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vendredi, 29 décembre 2006

Ronald Zubar se raconte

De sa Guadeloupe natale jusqu'à Marseille en passant par Caen, le parcours de Ronald Zubar est synonyme de voyage. Lors de l'émission "L'invité d'OMtv", il est revenu sur cette trajectoire.

Les débuts dans le foot
"J’habitais à Sainte-Rose au nord de la Guadeloupe. C’est là-bas que j’ai commencé à jouer au foot dans le club de mon quartier. Ensuite, je suis parti dans l’un des clubs phares de l’île qui est le Red Star de la Guadeloupe. Là-bas, il n’y a pas énormément d’infrastructures même si ça commence à se développer aujourd’hui. On ne travaillait donc pas trop l’aspect technique car on manquait de ballons et d’équipements. Donc, le coach nous disait souvent de partir pour dix tours de terrains et d’aller courir dans la forêt. C’est plus basé sur le physique et les joueurs qui sortent des Antilles sont souvent des athlètes. Physiquement, on est déjà prêt et on a des gabarits imposants. Depuis trois ans, il y a un centre homologué dont je suis le parrain et j’en suis fier. Ca commence à se développer pour essayer de se mettre à jour par rapport au football en métropole." 

La Guadeloupe
"C’est quelque chose qui est ancré en moi et je ne pourrais jamais l’oublier. J’y pense tout le temps et, d’ailleurs, je suis souvent nostalgique à cause de ça. J’y retourne au moins deux fois par an mais, avec le métier que je fais, c’est de plus en plus difficile. Toute ma famille est encore là-bas et ça me manque beaucoup. Le côté naturel, le côté sauvage, la plage… c’est un tout. Plus jeune, on gambadait de partout dans la nature. Il y a une certaine liberté. La métropole n’a rien à voir avec ce côté naturel. La Guadeloupe verte, c’est tout ce que j’aime. J’apprécie moins la ville. Quand je retourne sur mon île, j’aime aller dans les endroits que je connaissais enfant. Aller dans la forêt, manger de la canne à sucre, des fruits… Retrouver toutes ces sensations qui m’ont marqué plus jeune."

Le stade Malherbe de Caen
(Il a rejoint Caen dès l’âge de 15 ans) "Cela a été dur surtout en raison de la façon dont ça s’est passé. J’étais parti faire un stage d’une semaine à Caen et, au bout de trois jours, on me dit : «tu ne pars plus, tu restes ici car on veut te garder et la saison va commencer». Je ne comprenais pas car il était prévu que j’y retourne un an plus tard si j’étais pris. J’ai eu du mal à accepter de ne plus voir ma mère, mon frère, ma soeur pendant au moins un an. J’avais un peu le cafard au début, c’était encore plus dur avec l’hiver mais des gens ont été là pour moi, pour m’épauler. J’ai un peu galéré la première année mais ça m’a donné envie d’aller encore plus loin et de faire encore plus d’effort que les autres pour obtenir un contrat en fin de saison.
J’ai tout appris à Caen. J’ai rencontré les bonnes personnes aux bons moments. Sans citer tout le monde, il y a eu Philippe Tranchant qui m’a gardé à Caen est qui est mon père spirituel mais aussi Patrick Rémy qui m’a lancé en pro. Tous ces gens m’ont appris les bases du foot et ils étaient de vrais humanistes. D’ailleurs, Caen est devenu ma deuxième ville de cœur après la Guadeloupe. C’était une grande famille et je les remercie tous."

L’équipe de France Espoir

"C’était une fierté. Venant de la Martinique, je n’y pensais pas vraiment à mon arrivée à Caen. Au bout de ma deuxième année, on a commencé à me parler de l’équipe de France et ça m’a étonné. Je jouais à l’époque avec l’équipe de Guadeloupe et là, c’était un autre monde. Quand j’ai été appelé pour la première fois en moins de 16 ans, c’est devenu une réalité. J’ai suivi toutes les sélections et les Espoirs sont arrivés à un moment où j’étais bien avec mon club. Les entraîneurs m’ont fait confiance et j’essaie toujours de rendre cette confiance en étant bon sur terrain.
La sélection apporte beaucoup de choses. Il y a un plus sur le plan médiatique, on joue des matches de haut niveau contre des grandes nations. On dit souvent qu’un match international vaut deux matches en club. Etre confronté à des joueurs de différents footballs permet de se situer par rapport à eux et de voir le travail qui reste à faire. Le foot international demande beaucoup de technique et d’enchaînements et je dois encore travailler là-dessus. Par contre, face à l’Angleterre par exemple, où le jeu est plus physique, je me suis aperçu que je tenais le coup. C’est intéressant, il y a différents échanges de jeu et de culture. C’est bien." 

L’OM
"Marseille, c’était un rêve. Au début, quand j’ai eu Pape (Diouf) et José (Anigo) au téléphone, je n’y croyais pas. Pour être franc, la première année, j’ai préféré ne pas rejoindre l’OM car je ne me sentais pas encore prêt. Je sortais de ma première saison de L1 et l’OM est un club qui demande beaucoup de maturité et des résultats au quotidien. Je n’étais pas encore capable de fournir tout cela. Mais, le fait que l’OM continue à me suivre et garde le contact, ça m’a prouvé que le club me voulait vraiment. Depuis le début, les dirigeants m’ont montré leur attachement et leur envie que je vienne à Marseille et les supporters m’ont laissé beaucoup de messages sympathiques sur mon site (www.ronald-zubar.com). Je n’ai donc pas hésité même si Bordeaux me voulait aussi. Mon choix était déjà fait. Bordeaux est un très bon club mais je sais que le tempérament de Marseille me correspond plus. Je hais la défaite, je n’aime pas perdre et c’est en moi. Cet état d’esprit, cette volonté d’aller toujours de l’avant, c’est ce que j’aime à l’OM.
Mes premiers souvenirs de l’OM, c’est l’époque Tapie. Je ne m’intéressais pas trop au foot plus jeune mais je garde en mémoire des joueurs comme Boli, Waddle ou Desailly. C’est un rêve de se dire que l’on peut faire comme eux en jouant dans ce club qui a marqué et qui marque encore les esprits. Marseille, c’est le seul club qui suscite l’euphorie partout où on passe. Même en Guadeloupe."

L’importance de la famille
"Je suis en contact avec eux chaque jour. Ma mère est toute seule là-bas car mon père est décédé. Elle m’appelle toujours après les matches, elle me dit de moins m’énerver, d’arrêter de gueuler après l’arbitre, elle me demande si je ne me suis pas fait mal quand je suis tombé pendant le match. C’est la vraie mère poule. C’est encore plus frustrant et difficile pour elle car elle me voit à la télé. Lui demander de passer deux semaines à Marseille, c’est déjà trop dur pour elle. Elle ne peut pas quitter ses racines. La vie en Guadeloupe n’a rien à voir avec la métropole. Ma mère ne supporte pas de rester enfermée dans une maison. Elle a ses habitudes et il ne faut pas chercher à comprendre.
Mon frère, il n’est pas encore très connu mais il est joueur professionnel à Caen (Stéphane Zubar, 19 ans). Il vient de signer son premier contrat au début de la saison. On a fait quelques matches ensemble en équipe pro. Ma mère nous avait vu jouer ensemble et elle en avait les larmes aux yeux. C’est une très grande satisfaction sur le plan familial. C’est plus compliqué pour lui car tout le monde essaie de le comparer à moi et c’est toujours plus délicat quand on passe après son grand frère. Mais, j’ai beaucoup de respect pour lui car ça n’a pas toujours été facile. Il revient de blessure et j’espère qu’il va pouvoir se lancer cette année et faire quelques matches avec les pros. Qu’il lance sa propre carrière et qu’on arrête de le comparer avec moi car c’est assez pénible pour lui. C’est un grand et brave gaillard et je lui dis souvent : je pense qu’il est meilleur que moi. Notamment sur le plan mental car il a subi beaucoup de choses. Et sur le plan physique, il est plus grand et plus imposant que moi. Il est défenseur comme moi et j’espère jouer de nouveau en club avec lui car l’OM, c’est son club de cœur à lui aussi." 

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